Tout le monde nous demande “Mais comment gagnez-vous votre vie avec ça?” - la réponse est simple. Nous ne gagnons pas notre vie, nous payons pour être libres.


Est-ce juste ? En tout cas, ce n’est pas viable.


L’année dernière, nous avons entièrement auto-produit les 10 épisodes de la 1ère saison de LA CUISINE DE NICOLAS en entamant dangereusement le capital de notre toute jeune société, Les Films à Nous. Nous, auteurs-réalisateurs-producteurs, les comédiens, les techniciens, avons écrit, réalisé, joué, éclairé, tourné, monté, mixé absolument bénévolement. Pour la liberté, l’indépendance, la maîtrise totale que cela nous conférait - de la conception à la diffusion. Seuls ont été payés les loueurs de matériel, les frais bancaires, et les épiciers. Il faut bien manger, même sur un tournage. On a essayé de passer la caisse du supermarché, caddie plein, en expliquant : “On fait de la satire politique gratuite sur Internet, vous allez vous marrer, vous nous offrez le caddie ?” - Ça n’a pas marché.


La nourriture n’est pas gratuite. Pourquoi la création artistique sur Internet le serait-elle ?


Ce qui est fascinant avec Internet, c’est qu’en termes de financement, tout est prévu pour que les propriétaires des tuyaux et de la technologie gagnent de l’argent. Ils attirent les annonceurs avec des tarifs attractifs qui ne comprennent pas le financement de la création de contenu.


Vous payez les tuyaux, la machine pour y accéder, mais ce qui passe dedans est gratuit, et tous les experts répètent que les internautes ne paieront jamais pour la création, fiction, documentaire, divertissement…

Pourquoi ? Au nom de quoi ?


Si nous avons réussi à créer ce nouveau site, et à repartir pour une nouvelle saison de LA CUISINE DE NICOLAS, c’est grâce à une subvention (non reconductible) du CNC, et à une coproduction d’IMAGE & COMPAGNIE (qui s’intéresse à l’expérience grandeur nature et ne s’attend pas à se faire des ronds). Or donc, en l’absence de tout “modèle économique”, nous allons faire des expériences: publicités Google sur certaines pages, partage des recettes publicitaires générées par la série avec Dailymotion. On vous tiendra au courant scrupuleusement de ce que ça rapporte. Mais on peut déjà vous dire que ça ne nous permettra pas de faire une troisième saison, et encore moins de faire vivre le site sur une base annuelle en payant les gens normalement. La pub sur Internet c’est pas l’Eldorado…


(Nous avons évidemment conscience de la contradiction qu’il y a à compter sur des annonceurs quand on fait de la satire politique. Charlie Hebdo, Le Canard Enchaîné, Siné Hebdo sont indépendants. Ils ne font pas de publicité. Ils vivent grâce à leurs lecteurs).


Au bout des comptes, LA CUISINE DE NICOLAS ne pourra continuer à exister qu’en étant un site payant et indépendant - indépendant parce que payant. Aujourd’hui, citoyens-internautes, êtes-vous prêts à vous abonner, et pour combien, à un site de satire politique ? Votre avis nous intéresse. Dans le petit cochon virtuel, vous pouvez dire ce que vous en pensez.



Cochon